LE MARTYRE DES FEMMES EN ALGERIE

 

Nous, militantes et adhérentes de l'Association pour l'Egalite ( APEL) venons d'apprendre avec la plus grande indignation les faits dont ont été victimes nos compatriotes algériennes à Hassi-Messaoud (El-Haicha).Nous avons appris par de nombreux communiqués de presse que dans la nuit du 13 juillet, une horde haineuse, munie d'armes blanches s'en était pris à des femmes sans défense, à leur domicile. En effet, des centaines d'hommes selon la presse ont assiégé ces femmes qu'un imam avait désignées à la vindicte populaire lors de prêches religieux antérieurs. Ils les ont les agressées, violées et ont saccagé leurs biens avant de se retirer. Ces lâches, prétendant purifier la société, s'en sont pris à des femmes démunies dont le seul tort était de vivre isolées car célibataires, veuves ou divorcées et forcées de prendre leur destin en main pour assurer leur subsistance et celle de leurs enfants. Dans une Algérie où les écarts sociaux se creusent, où la misère des plus démunis s'aggrave comment peut-on encore reprocher à des femmes de subvenir à leurs besoins en allant chercher du travail là où elles peuvent encore en obtenir ? En tant que militantes pour les droits des femmes dans notre pays, nous tenons à dire à quel point ces actes d'un autre âge nous révoltent ; nous les condamnons très fermement.  
Ces faits sont graves ; ils d'autant plus inacceptables qu'ils ne font que se répéter depuis que la mouvance islamiste a entrepris de soumettre la société tout entière en limitant d'abord la liberté des femmes et en restreignant leur espace. On se souvient que, dans de nombreuses villes d'Algérie, des cas d'atteinte à la dignité des femmes et à leur intégrité physique se sont produits hélas de nombreuses fois (Ouargla, Staoueli...) Dans tous les cas, des procès justes sanctionnant les agresseurs n'ont pas eu lieu et les femmes violentées n'ont pas été reconnues comme victimes.
Parce que les faits dont se sont rendus coupables les agresseurs de Hassi-Messaoud sont ignobles, parce que des actes similaires se sont déjà produits par le passé et parce que les femmes n'en peuvent plus de supporter cette hogra, nous appelons à une large mobilisation pour qu'un procès exemplaire ait enfin et effectivement lieu et pour que ces agresseurs n'échappent pas aux lois de la République et aux sanctions qu'ils méritent.
Nous n'avions pas plus tôt fini de rédiger et de faire approuver la déclaration par les membres de notre association qu'une autre attaque contre des femmes se produisait dans la nuit de lundi à mardi 24 juillet à Tébessa (quartier d'Ezzahouani). Il faut que cela cesse et que les pouvoirs publics se décident enfin à assurer la sécurité des citoyennes algériennes devenues des cibles trop faciles. Les femmes n'acceptent plus d'être utilisées comme boucs émissaires pour que la colère des jeunes chômeurs désoeuvrés et autre révoltés puisse être détournée.

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PARIS, LE 26 JUILLET 2001

Dernière mise à jour: 27 juillet 2002